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ui n'a jamais rêvé de voyager dans l'espace ?
Ce n'est plus du domaine de la science-fiction : après Dennis Tito en 2001, on compte désormais un deuxième touriste spatial, Marc Shuttleworth. A 28 ans, ce milliardaire sud-africain s'est offert une balade à bord de Soyouz, qui a duré plus de dix jours.
Le rêve est en train de devenir réalité, c'est du moins le pari de certaines sociétés américaines et japonaises, qui préparent un nouveau genre de voyages. La société Space Adventure, par exemple, pense pouvoir acheminer ses premiers clients dans l'espace en 2005. Pour 700 000 F (107 000 €), elle serait en mesure de proposer deux heures de vol en orbite et en apesanteur. La construction d'hôtels spatiaux semble facilitée par l'absence de gravité dans l'espace : la NASA travaille à l'élaboration de bungalows modulables, la chaîne Hilton réfléchit à la question et, plus concrètement, la société Shimizu espère construire un hôtel en forme de roue, doté de bars, karaoké et piscine. Soixante personnes pourraient ainsi cohabiter à 450 km de notre planète
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Mark
Shuttleworth |
Malheureusement les contraintes sont réelles et leur résolution risque de prendre encore de nombreuses années.
Les lanceurs spatiaux, véritables " bombes volantes ", manquent de fiabilité : pour un tourisme spatial de masse, il faudra attendre les nouvelles générations de lanceurs, qui supposent de lourds investissements.
De plus, la préparation mentale et physique des participants ne peut être négligées : on estime à six mois la durée d'entraînement nécessaire à une semaine dans l'espace. |
Il faut aussi tenir compte des contraintes humaines : volume minimal, conditions d'hygiène et de vie courante.
A cela s'ajoute le prix d'un tel voyage : 22,2 millions d'euros !
Enfin, les débris spatiaux, même minuscules, peuvent perforer les plus solides blindages, comme c'est arrivé sur les panneaux solaires de la station Mir. Même si les radars au sol sont de plus en plus performants, il est difficile de gérer les déplacements de stations sur orbite en cas de collision.
Tourisme spatial de masse
pas avant 2080 ?
On s'y voyait déjà, or il convient de revenir sur Terre
Le tourisme spatial connaîtra vraisemblablement une réelle évolution dans les années à venir, mais ce n'est pas pour demain. Selon l'AAAF, l'Association Aéronautique et Astronautique de France, il faudrait attendre 2080 pour envisager un tourisme spatial de masse, le temps de rendre les lanceurs suffisamment performants.
Néanmoins, les voyages spatiaux seraient une solution pour baisser les coûts des technologies de l'espace. Les uns alimentant les autres, on peut dans cette hypothèse envisager une progression rapide du marché. Dans un premier temps, le tourisme spatial pourrait prendre la forme de visites de centres spatiaux dans le monde, de vols en avions de chasse ou de vols paraboliques. Et après cette étape seulement, on pourra songer aux premiers vols proches de l'espace extra-atmosphérique de quelques heures, à bord de véhicules spatiaux dont deux modèles sont à l'étude : le Kanku Maru de Kawasaki et le Space Cruiser System de la société Space Adventure. Des vols plus longs seraient également réalisables, dans une station orbitale qui aurait fonction d'hôtel spatial. Il faudrait alors utiliser une station spatiale et un lanceur pour y transporter les passagers.
Continuons de rêver, c'est si beau
Stéphanie Jaffré
© 2002
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