| Texte extrait de
« Himalaya, L'Aventure Essentielle... »,
© François-Xavier Prévot,
Marcheur-Photographe
n revenir et ne toujours pas en être revenu.
Revenir du Désert, Nettoyé.
Y avoir fait l'apprentissage de la Soustraction et en revenir Multiplié.
Vite, retrouver Notre Livre. Continuer de Soustraire.
Arracher toutes les pages déjà écrites, les offrir au Vent, qui souffle où Il veut.
Ne conserver que les pages blanches et se mettre à tout réécrire.
Horizon Lumineux, pages Immaculées.
Changer de vie.
Trois mots, c'est tout. Plus un : Guérir.
Guérir, c'est trouver son Talent. Qu'as-tu fait de ton Talent ?
Partir, mais partir seul. Partir en bonne compagnie, donc.
Partir à l'Inconnu. Lâche tout et Suis-Moi.
Se retrouver transporté sur le Toit du Monde.
Sentir le Cour de la Terre battre dans son propre Cour.
Puiser à La Source. S'y abreuver.
Et Renaître.
Je n'étais rien, je ne serais plus : Je Suis.
Et puisque me voici Deux Fois Né, j'ose.
Lancer un défi à cheval aux nomades des hauts plateaux, de retour d'une journée d'anniversaire dédiée à l'Everest.
M'arrêter, transi, haletant et heureux dans un village,
à 5.200 mètres d'altitude.
M'entendre dire, tout haut : "c'est moi, je reviens à la Maison..."
© François-Xavier Prévot, Marcheur-Photographe
Un Appel au peuple chinois,
du 14ème Dalaï Lama
28 mars 2008 (Extraits)
(...) Soeurs et frères chinois, je vous assure que je ne désire nullement la séparation du Tibet. Je ne souhaite pas non plus
enfoncer un coin entre Tibétains et Chinois. J'ai au contraire toujours eu à coeur de trouver une véritable solution au problème du Tibet, qui garantisse les intérêts à long terme des Chinois comme des Tibétains. Comme je l'ai maintes fois répété, mon principal souci est d'assurer la survie de la spécificité de la culture, de la langue et de l'identité du peuple tibétain. (...)
© François-Xavier Prévot, Marcheur-Photographe
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J'appelle les dirigeants de la République populaire de Chine à clairement comprendre ma position et à oeuvrer au règlement de ces problèmes en " recherchant la vérité dans les faits ". Je presse les dirigeants chinois de faire preuve de sagesse et d'entamer un dialogue sérieux avec le peuple tibétain. Je les appelle aussi à déployer des efforts sincères pour contribuer à la stabilité et à l'harmonie de la République populaire de Chine
et éviter de provoquer des tensions interethniques. (...)
Depuis des temps anciens, Tibétains et Chinois vivent comme voisins. Durant les deux mille ans de l'histoire connue de nos peuples, nous avons parfois entretenu des relations amicales, contractant même des alliances matrimoniales, alors
que d'autres fois, nous nous sommes combattus. (...) |
Peu après la création de la République populaire de Chine en 1949, l'Armée populaire de libération pénétrait au Tibet, ce qui a finalement abouti à la conclusion de l'Accord en 17 points entre la Chine et le Tibet en mai 1951. Lorsque j'étais à Pékin en 1954-55, participant au Congrès national du peuple, j'ai eu l'occasion de
rencontrer beaucoup de hauts dirigeants, dont le président Mao lui-même, et de nouer des liens personnels d'amitié avec eux. De fait, le président Mao m'a donné des conseils sur plusieurs questions, de même que des assurances personnelles sur l'avenir du Tibet. Encouragé par ces assurances et inspiré par la ferveur de nombreux dirigeants révolutionnaires chinois de cette époque, je suis rentré au Tibet empli de confiance et d'optimisme. (...)
Malheureusement, des tensions, qui ont commencé à monter au Tibet vers 1956, ont finalement abouti au soulèvement pacifique du 10 mars 1959 à Lhassa et à ma fuite en exil. Même si nombre de changements bénéfiques se sont produits au Tibet sous le régime de la République populaire de Chine, ces changements, comme l'a souligné en janvier 1989 le
précédent Panchen Lama, ont été assombris par d'immenses souffrances et des destructions à grande échelle. Les Tibétains
devaient constamment vivre dans la peur, alors que le gouvernement chinois continuait de se méfier d'eux. (...)
En 1974, à la suite de discussions importantes avec mon cabinet, (...) nous avons décidé de trouver une voie médiane visant à ne pas séparer le Tibet de la Chine, mais à favoriser le développement pacifique du Tibet. (...)
Situé sur le toit du monde, le Tibet donne naissance aux plus grands fleuves d'Asie. C'est pourquoi la protection de l'environnement revêt une importance primordiale sur le Plateau tibétain. Notre préoccupation essentielle étant de sauvegarder la culture bouddhique tibétaine – enracinée dans les valeurs de la compassion universelle – tout comme la
langue tibétaine et l'identité tibétaine unique, nous avons ardemment travaillé à l'obtention d'une véritable autonomie pour l'ensemble des Tibétains. La constitution de la RPC stipule que les ethnies, comme les Tibétains, jouissent de ce droit.
En 1979, le dirigeant suprême de la Chine à cette époque, Deng Xiaoping, a assuré mon émissaire personnel que "hormis l'indépendance du Tibet", toutes les autres questions pouvaient être négociées. Comme nous avions déjà formulé notre approche consistant à rechercher une solution de la question tibétaine dans le cadre de la constitution de la RPC, nous
nous trouvions en bonne position pour saisir cette nouvelle occasion. Mes envoyés ont rencontré à plusieurs reprises des représentants de la RPC. (...) Cependant, nous n'avons abouti à absolument aucun résultat concret sur la question fondamentale. Néanmoins, comme je l'ai déclaré à plusieurs reprises, je demeure fermement attaché à la Voie du milieu et je réaffirme être prêt à
poursuivre le dialogue.
Cette année, le peuple chinois attend avec fierté et impatience l'ouverture des Jeux olympiques. J'ai toujours soutenu l'idée que Pékin puisse accueillir les jeux. Ma position n'a pas changé. La Chine a la plus importante population du monde, une longue histoire et une civilisation extrêmement riche. Aujourd'hui, compte tenu de son impressionnant essor
économique, elle émerge comme grande puissance. Il faut certainement s'en réjouir. Mais la Chine doit aussi gagner le respect et l'estime de la communauté internationale en bâtissant une société ouverte et harmonieuse, fondée sur les principes de la transparence, de la liberté et de la primauté du droit. (...) À cet égard, j'apprécie et soutiens la politique du président Hu Jintao visant à créer une "société harmonieuse" mais cette société ne peut
s'édifier que sur la base d'une confiance mutuelle et dans un climat de liberté, dont la liberté d'expression et la primauté du droit. Je crois fermement que l'adoption de ces valeurs permettra de résoudre beaucoup de problèmes
importants liés aux minorités, comme la question du Tibet. (...)
Soeurs et frères chinois – où que vous soyez – c'est empreint d'une grande inquiétude que j'en appelle à vous pour que nous puissions dissiper les malentendus entre nos deux communautés. J'en appelle aussi à vous pour que vous nous aidiez
à trouver une solution pacifique et durable au problème du Tibet par le dialogue, dans un esprit de compréhension et de conciliation. (...)
Tenzin Gyatso, Quatorzième Dalaï Lama
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