|
Traversée par des caravanes de nomades, la Mauritanie fut longtemps une terre de transit reliant l'Afrique de l'Ouest au Maghreb. Bien qu'aujourd'hui sédentarisés, les Mauritaniens gardent un goût prononcé pour les vastes espaces sahariens, qui cernent toutes les villes du pays. Car le désert avance, entre dans les villes et ensevelit progressivement les constructions humaines, qui pour certaines sont la mémoire vivante des cultures ancestrales. Aujourd'hui, les principales ressources proviennent encore de la pêche sur les côtes de l'Atlantique et de l'extraction de minerais à l'extrême nord-est. Mais depuis les années 1990, le pays ainsi que ses habitants commencent à tirer profit d'une géographie extrême, austère et époustouflante, qui fait la joie des amateurs de trekking et de 4X4.
La région de l'Adrar :
C'est essentiellement dans cette région aride et désertique - à 700 km au nord-est de la capitale Nouakchott et aux frontières du Sahara Occidental - que se développe le tourisme en Mauritanie, sans autres infrastructures que des toiles de tente et des guides expérimentés. Plusieurs circuits sont proposés, permettant d'aller à la découverte d'une nature bouleversante et de cités autrefois prospères grâce au commerce transsaharien et à la ferveur religieuse. Fondée au XIIè siècle, la ville de Chinguetti fut durant des siècles un centre de regroupement de pélerins et possédait des bibliothèques coraniques lui conférant un réel prestige à travers le monde musulman, au point de devenir la septième ville sainte de l'Islam. Un peu plus au nord-est, également fondée au XIIè siècle, Ouadane fut quant à elle entre le XIVè et le XVIIIè siècle un grand carrefour commercial régional. Tombée dans l'oubli depuis, le récent afflux de touristes fera-il revivre les vieilles ruines de cette cité antique construite à flanc de montagne ? Plus que les quelques villes de l'Adrar, ce sont les paysages de la région qui laissent sans voix, tant par leur immensité que par leur diversité géologique : ergs (massifs dunaires), montagnes tabulaires brûlées par le soleil, canyons profonds, regs caillouteux, oasis verdoyantes... Non loin d'Atar - la capitale régionale - l'on peut faire escale à la palmeraie de Terjit, qui est nichée dans une gorge étroite aux parois de couleur ocre, au milieu d'un sable qui prend la couleur orange avec le crépuscule. Encore plus proche d'Atar se trouve une autre palmeraie, plus grande oasis de la région : le vieux village d'Azougui, qui conserve de son glorieux passé une muraille d'enceinte et une nécropole. Sur l'ancienne piste Atar-Chinguetti, la passe d'Amogjar offre un paysage de canyons et de massifs tabulaires à couper le souffle, ainsi que des peintures rupestres qui rappellent qu'une vie sociale existait dès le Paléolithique en Mauritanie, un temps où l'eau ruisselait de chaque massif montagneux de l'Adrar.
|